Une démarche qui, n’en doutons pas, ne fera que creuser le fossé entre le PS et les électeurs populaires, déjà massivement acquis à Jean-Luc Mélenchon et à La France Insoumise (LFI) depuis des années.
Un coût d’entrée qui résume tout
Pour prendre part à ce scrutin interne, il faudra débourser 15 euros. Une somme qui agit comme un filtre social. Une barrière symbolique, voire discriminante, qui agit comme un repoussoir. Il faut rappeler que les adhérents des partis politiques payent déjà une adhésion, ce qui rend cette démarche encore plus excluante.
Parmi les premières voix à s’élever contre cette mesure : Ségolène Royal, candidate annoncée de cette primaire s’insurge sur le réseau social X. Pour elle, le prix du vote est « trop cher », une formule qui résume à elle seule l’absurdité d’un système où l’accès à la démocratie interne se monnaye.

Des critères de parrainage très restrictifs
Pour déposer sa candidature, il faudra en outre franchir un parcours du combattant administratif :
– 15 membres du Conseil national ou
– 10 parlementaires ou
– 30 maires issus d’au moins 3 régions différentes ou
– 30 conseillers régionaux, départementaux ou métropolitains, répartis dans 8 départements et 3 régions.
Des exigences qui réservent de facto la compétition aux cadres du parti, aux élus locaux bien implantés et aux figures déjà intégrées aux réseaux socialistes. Une sélection qui semble conçue pour écarter toute candidature outsider, venue des rangs militants ou des territoires les plus éloignés des cercles du pouvoir.
Un calendrier serré pour une primaire sous tension
Les dépôts de candidature seront ouverts du 1er au 15 septembre 2026, dans un calendrier électoral déjà chargé. Le scrutin interne est prévu pour octobre 2026 :
– Premier tour : du 9 au 11 octobre,
– Second tour : du 16 au 18 octobre.
L’objectif affiché ? Désigner un candidat commun entre le PS et Place publique pour l’élection présidentielle de 2027.
Entre exclusion et opportunisme : le PS face à ses contradictions
Cette primaire, présentée comme une tentative de renouvellement, ressemble étrangement à une opération de communication pour légitimer une alliance avec des forces centristes ou libérales. En exigeant un prix pour voter et des parrainages quasi inaccessibles aux militants de base, le PS semble plus soucieux de verrouiller son appareil que d’élargir sa base.
