On ne va pas vous mentir, non il est pas de gauche… mais prenez quand même le temps de lire cet article.
Un progressiste pro-business, plus proche de Macron que de Mélenchon
Raphaël Glucksmann, figure imposée par les médias mainstream depuis plusieurs années, incarne une gauche autoproclamée, qui semblent n’en porter que peu de valeurs. Son parcours politique, marqué par des allers-retours entre libéralisme et social-démocratie, en fait une personnalité atypique, et contradictoire. Et si, en réalité, Glucksmann n’était pas de gauche, mais plutôt un Macron bis, en version non relookée ?
Un héritage familial qui ne pèse plus !
Raphaël Glucksmann est né en 1979. Il a grandi dans l’ombre de son père, André, l’un des “nouveaux philosophes” des années 1970, proche de Jean Paul Sartre avant de devenir un critique féroce du communisme. Le fils a pris ses distances avec cet héritage. Là où son père dénonçait le libéralisme économique, Raphaël Glucksmann en fait un pilier de son projet politique. Là où André Glucksmann critiquait l’impérialisme américain, Raphaël en devient un fervent défenseur.
Son passage par Alternative libérale (2006-2007), un parti classé à droite, en dit long sur son positionnement initial. Un choix qui pourrait surprendre pour quelqu’un qui se revendique aujourd’hui de la gauche. Mais c’est surtout avec la création de Place publique en 2018 que son virage devient flagrant.
Place publique : un parti “de gauche”… mais pour qui ?
Place publique est présenté comme un mouvement “proeuropéen de centre gauche”, un label fourre-tout qui permet de séduire à la fois les électeurs déçus par le Parti socialiste et ceux qui cherchent une alternative à la gauche radicale. Pourtant, dès sa création, le parti est miné par des départs en série, symptôme d’un projet politique flou et d’une ligne économique libérale qui éloigne ses fondateurs.
Parmi les figures les plus emblématiques, Thomas Porcher, économiste et cofondateur, quitte Place publique en 2019 après seulement un an. Il dénonce alors un parti qui “parle de gauche mais agit comme la droite” :
“Place publique défend une flexibilisation du marché du travail, une réduction des dépenses publiques et un alignement sur les positions atlantistes. Cela ne correspond pas à ce que je défends : une gauche qui remet en cause le productivisme et le libre-échange sans limites.” (https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/03/17/l-economiste-thomas-porcher-quitte-place-publique_5437352_823448.html)
Glucksmann vs Macron : même combat ?
Si Glucksmann se revendique de la gauche, son positionnement économique et sociétal le rapproche étrangement d’Emmanuel Macron et de son mouvement Renaissance. Tous deux partagent une vision libérale de l’économie, une foi inébranlable dans l’Europe fédérale et un atlantisme assumé. Là où Glucksmann critique le protectionnisme de la gauche radicale, Macron défend une économie ouverte, où les entreprises et l’innovation priment sur les luttes sociales.
Leur rapport aux alliances politiques est aussi similaire : aucun compromis avec La France insoumise (LFI), jugée trop radicale, et une méfiance envers les compromis avec les écologistes. Pour Glucksmann comme pour Macron, la gauche doit être “responsable”, c’est-à-dire accepter les règles du libéralisme économique et les contraintes de l’Union européenne.
Une gauche sans gauche ?
Raphaël Glucksmann incarne ce qu’il nomme une gauche “de gouvernement”, une gauche qui a abandonné les luttes sociales pour privilégier le pragmatisme économique et l’intégration européenne. Son refus catégorique de s’allier avec La France insoumise (LFI) en est la preuve : pour lui, Mélenchon et son parti représentent une menace pour la République, au même titre que l’extrême droite. Une position qui le place dans la droite ligne de Macron, pour qui “ni LFI ni le RN ne sont des partenaires possibles”.
Pourtant, Glucksmann tente de se différencier en insistant sur son progressisme sociétal (droits LGBTQ+, écologie modérée) et son engagement pro-européen. Mais ces éléments suffisent-ils à le qualifier de “gauche” ? Pas vraiment. Il défend une gauche light, une gauche “start-up nation”, où l’écologie se résume à des innovations technologiques et où la justice sociale passe par le mérite individuel plutôt que par la redistribution.
Un électorat en quête de repères… ou de désillusion !
Son électorat se recrute principalement chez :
- Les déçus du Parti socialiste, qui cherchent une alternative “moderne”.
- Les écologistes modérés, séduits par son discours pro-européen.
- Une frange de la gauche pro-atlantiste, qui voit en lui un rempart contre l’extrême droite et la gauche radicale.
Mais cette base est fragile. Les départs successifs de Place publique montrent que son projet ne convainc pas ceux qui croient encore en une gauche transformatrice. Pour eux, Glucksmann n’est qu’un technocrate de plus, un homme qui préfère les salons parisiens et les tribunes médiatiques aux luttes de terrain.
Glucksmann, ou l’illusion d’une gauche moderne !
Au fond, Raphaël Glucksmann n’est pas de gauche. Il est un libéral pro-européen, avec une touche de progressisme sociétal, un mélange qui rappelle étrangement la stratégie d’Emmanuel Macron. Tous deux partagent la même vision :
- Une économie ouverte aux marchés,
- Une Europe fédérale et atlantiste,
- Une société progressiste dans les mots, mais libérale dans les faits.
La différence ? Glucksmann utilise le mot “gauche” comme un cache-sexe, tandis que Macron assume pleinement son positionnement centriste. Mais dans les deux cas, la gauche traditionnelle, celle qui lutte contre les inégalités et défend les services publics, a disparu.
Glucksmann n’est pas de gauche. Il est simplement un homme politique qui a compris que le mot “gauche” vendait encore, mais qui a abandonné depuis longtemps ses valeurs.
Ne nous y trompons pas pour 2027 !
